Vous êtes ici >> Accueil/Les Dossiers/Reportages/Le Cervin

Le Cervin

25/08/2010 - Lu 33999 fois
Une belle classique de l'alpinisme, mais une descente express

le depart
En cette fin juin la météo est belle et c'est plein d'entrain que nous traversons la frontière suisse.
L'équipe est mixte : Bruno Tauzier dit TOTO et Stéphane Luchini viennent du sud ouest (PAU) ; Luc Taillez et moi même du sud est (Toulon)

Après un trajet sans encombre nous arrivons à Täsch , le terminus pour les voitures. Le temps d'ajuster les sacs et nous voilà dans le petit train au milieu de touristes japonais.
Nous apercevons enfin le fameux Matterhorn de la rue principale de Zermatt. Du haut de ces 4478m il domine majestueusement, il est magnifique.

Ascension
La ville "5 étoiles" n'est pas un lieu de villégiature pour nos bourses et nous la traversons sans nous attarder les yeux rivés sur la montagne. La télécabine du Schwarzsee nous hisse à 2583m. Le temps est maintenant venu de transpirer dans ce décor de carte postale.
En deux heures, nous sommes à la Hörnli-hutte , qui n'a rien d'une hutte d'ailleurs puisqu'il s'agit d'un gros refuge carré sans charme .
Une nuit à la "belle"sur la terrasse et nous voilà d'attaque pour la course dont la difficulté principale est de trouver l'itinéraire optimal pour ne pas perdre temps.

La montagne est accueillante ce matin, le ciel s'annonce bleu, pas de neige ni de glace sur le parcours, et le vent reste modéré. L'excitation de gravir cette paroi mythique chargée d'histoire et de se retrouver à plus de 4000m nous stimule.

L'escalade pas très technique reste malgré tout un moment fort. Le poids des sacs, la qualité parfois médiocre du rocher et l'attention soutenue pour ne pas faire un faux-pas dans le vide bouffent notre énergie au fur et à mesure de la montée ….qui s'annonce assez longue !

Le refuge finit par bien s'éloigner, l'arête se dessine et la minuscule cabane Solvay apparaît. Nous croisons les premiers alpinistes ayants atteints le sommet qui se concentrent sur leur descente très laborieuse." Bon courage les gars !" Toto la locomotive et Luc le fumeur aux 4 poumons sont devant; ils montent sans trop se poser de questions malgré les rafales de vent ! Cinq heures après notre départ nous atteignons le refuge de secours perché tel un nid d'aigle , il donne une vue imprenable sur la face nord ! Comment ne pas avoir une pensée pour les frères Schmid qui les premiers l'ont gravie en 1931 et Walter Bonatti qui en 1965 s'est offert en solitaire et en hivernal ce grand mur .
 

Spot
L'altitude se fait sentir pendant cette dernière heure d'ascension et c'est essoufflés que nous arrivons à "l'épaule" (4200m). De gros anneaux métalliques (utilisé avant pour des cordes fixes) seront un ancrage parfait pour nous permettre de descendre à l'exit ! Éole nous accorde sa clémence, le petit groupe s'équipe pour la descente avec un mélange de prudence et de frénésie ! Parachute au dos, barda sur le poitrail nous entamons le petit rappel (20m) sur une pente bien glacée recouverte de neige.

Saut
Après quelques secondes sur la vire Bruno s'élance le premier, sans bruit , 2 petites secondes de chute puis l'extracteur remplie son devoir avec plus de peine qu'a l'accoutumé; la voile s'ouvre et notre Toto s'éloigne rapidement. Après Steph et Luc; mon tour vient; le bonheur de ne pas se taper la descente est intense, mais il faut rester concentré …. Mes pieds quittent le caillou et je me retrouve dans les premières loges pour contempler cette paroi grandiose, le gros quart de tour à droite me gratifie d'un super visuel qu'il faut rapidement changer ! Puis c'est le bonheur de flirter avec l'arête Hörnli , " ah si mister Wympher voyait ça ! "



Le parcours sous voile vaut son pesant d'or: sommet enneigé, séracs, et air frais (…)

Je rejoins Luc sur un des nombreux atterros possible... .Toto a pris l'option "posé d'assaut commando" à la Hörnli-hutte pour récupérer notre matériel (déformation professionnelle …)

 

Fin
Steph a optimisé le vol (pas pilote pour rien !) et s'est économisé de la marche au passage.

Une fois réunis et les congratulations d'usage effectuées, nous disons au revoir à cette belle pyramide naturelle …..



*Wympher fut le premier au sommet en 1865 après une épopée intense et dramatique (…) avec son "rivale" de l'époque , Jean Antoine Carrel qui le même jour foulait le sommet par l'arête du Lion coté italien (…)
Une des pages les plus dramatique de l'alpinisme s'était écrite.

Ps: Le premier saut en basejump du Cervin fut realisé par Ueli Gegenschatz et Hannes Arch en 2002

Partager cet article wikio : Partager cet article | digg : Partager cet article | del.icio.us : Partager cet article | facebook : Partager cet article | scoopeo : Partager cet article | blogmarks : Partager cet article |
Partager les derniers articles Netvibes : Partager les derniers articles | iGoogle : Partager les derniers articles | My Yahoo : Partager les derniers articles | wikio : Partager les derniers articles | RSS : Partager les derniers articles |
Article précédent : Face ouest du Mont ThorArticle suivant : Paralpinisme